Lilian Thuram a demandé vendredi devant le Conseil fédéral de la FFF que Patrice Evra, le capitaine des Bleus au Mondial, ne soit plus jamais convoqué en équipe de France, en raison de sa responsabilité dans la grève des joueurs le 20 juin. «J’ai demandé que les joueurs soient durement sanctionnés et que Patrice Evra ne revienne plus jamais en équipe de France», a déclaré Thuram.

Le 20 juin, les joueurs français avaient refusé de s’entraîner après l’exclusion de Nicolas Anelka. «Quand vous êtes capitaine de l’équipe de France, il y a une responsabilité, un respect du maillot et des gens à avoir», a ajouté le champion du monde 1998. Ce jour-là, les joueurs, après avoir snobé la séance, s’étaient réfugiés dans le bus et avaient demandé à Raymond Domenech d’aller lire le communiqué – rédigé par leurs soins – aux médias présents. «Quand les joueurs s’enferment dans le bus, et que c’est l’entraîneur qui lit le communiqué, cela montre que l’entraîneur n’est plus respecté. Les joueurs ont été incapables d’assumer certaines choses.»

Lilian Thuram, taulier de la défense des Bleus avec 142 sélections au compteur, estime néanmoins que «tous les joueurs ne sont pas en cause. Dans n’importe quel groupe il y a des leaders et des gens qui suivent, et d’autres qui ne sont pas d’accord et qui n’osent pas dire non».

Bixente Lizarazu a jugé vendredi que si Lilian Thuram, son ancien complice dans la défense des Bleus, se prononce pour l’exclusion définitive de Patrice Evra de l’équipe de France, «c’est que la situation est finalement plus grave que celle que nous avions imaginée.» Lilian Thuram, qui est membre du conseil fédéral de la FFF en tant que représentant des sportifs d’élite, s’était exprimé dans ce sens lors de la réunion du conseil, vendredi matin au siège de la fédération.

«Je suis d’accord pour des sanctions très fermes sur les joueurs qui ont tenu le rôle de leader dans cette affaire, a commenté le Basque sur RTL. J’imagine que Lilian Thuram a du avoir la version officielle du président de la Fédération (Jean-Pierre Escalettes, NDLR), qui était dans le bus, et si Lilian a parlé de la sorte, c’est qu’il sait la vérité. Lilian est quelqu’un de mesuré en règle générale, qui prend toujours du recul quand il s’exprime. Si pour la première fois qu’il s’exprime, il est aussi dur, c’est que la situation est finalement plus grave que celle que nous avions imaginée.»

«On ne peut pas continuer en Equipe de France en sachant que de tels comportements peuvent se produire, a continué “Liza”. Lilian est complètement dans son rôle de représentant des sportifs d’élite. S’il considère, de par l’attitude du capitaine ou de certains joueurs, qu’ils doivent être sanctionnés, il a le droit de l’exprimer. Ensuite c’est à Laurent Blanc de décider si il va le suivre ou pas.»

L’ancien champion du monde 1998 et d’Europe 2000 est lui même favorable à des sanctions qui fassent date : «Je pense qu’il faut dépasser le cadre purement sportif : il s’est passé des choses très graves, des joueurs ont pris en otage l’Equipe de France, et je pense qu’il y en a 4 ou 5 qui l’ont fait, qui ont amené dans le mur 23 joueurs. Ca dépasse le cadre de réussir ou de rater une compétition. L’Equipe de France qui va démarrer ne peut plus être composée avec des joueurs qui ont eu ce comportement, en tout cas pendant un certain temps, (…) et si c’est plus grave que je l’imagine, ça peut être en effet sur une durée beaucoup plus longue.»

Sources: l’Equipe et AFP